La recherche au service de l’autodétermination : Zoé Faucon présente les résultats de son mémoire et porte un ambitieux projet de thèse CIFRE

Le 8 juillet dernier, des professionnels de tous corps de métier de Saint Hélion, et des représentants de la Direction générale du Clos du Nid ont assisté à la présentation des travaux de recherche de Zoé Faucon, récemment diplômée d’un Master 2 de Psychologie, spécialisation Neuropsychologie. Après une année passée en stage au sein du FAM/FV de Saint Hélion, la jeune neuropsychologue a partagé les résultats de son mémoire, fruit d’un travail de terrain mené au plus près des résidents et des équipes.

Cette présentation marquait également une étape importante dans son parcours. Candidate à une Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE), Zoé Faucon a présenté son projet de thèse devant le Dr Jacques Blanc, Président du Clos du Nid, Patrick Julien, son Directeur général, et le Pr Jean-Philippe Boulenger, Médecin conseiller Technique. Son projet, co-encadré par le Dr Jérôme Erkes, Directeur Recherche et Développement chez AG&D et chercheur associé au laboratoire EPSYLON, et la Pr Sophie Bayard, professeure en neuropsychologie clinique à l’Université Paul Valéry et co-directrice du laboratoire EPSYLON, s’inscrit dans la continuité de ses travaux précédents réalisés à Saint-Hélion.

Une année de recherche au cœur du quotidien des résidents

Durant son stage de Master 2, Zoé Faucon a intégré pleinement la vie de l’établissement. En collaboration avec les professionnels de tous les métiers, elle a conduit une étude consacrée à l’identification des préférences des personnes accompagnées. Pour cela, elle a mis en place différentes observations, enquêtes auprès des équipes et ateliers ludiques utilisant des cartes visuelles.

Rapidement, ces temps d’échange sont devenus des rendez-vous attendus par les résidents. Au-delà des données recueillies, cette immersion lui a permis de développer une compréhension fine des réalités du terrain et des pratiques professionnelles.

Ses recherches ont conduit à un constat fort : les personnes accompagnées démontrent une réelle capacité à exprimer leurs préférences et à faire des choix, parfois différents de ceux que les professionnels, pourtant très proches d’elles, imaginaient. Une conclusion qui invite à poursuivre la réflexion sur les pratiques d’accompagnement et à renforcer la place accordée à l’expression des personnes en situation de polyhandicap.

Une thèse pour développer l’autodétermination des personnes en situation de polyhandicap

Ces premiers résultats, associés à une revue approfondie de la littérature scientifique ayant révélé un réel manque de données, ont naturellement conduit Zoé Faucon à poursuivre ses recherches dans le cadre d’une thèse de doctorat.

Son projet, intitulé :

« Développer l’autodétermination des adultes présentant un polyhandicap associé à un trouble du développement intellectuel sévère à profond : de l’évaluation des préférences à la réhabilitation neuropsychologique »

s’inscrit pleinement dans les recommandations récentes de la Haute Autorité de Santé, qui reconnaissent la personne en situation de polyhandicap comme un véritable acteur de son parcours de vie, capable d’exprimer des préférences, de faire des choix et de participer aux décisions qui la concernent.

Grâce au dispositif CIFRE, si sa candidature est retenue, Zoé Faucon sera salariée du Clos du Nid pendant trois ans tout en réalisant ses travaux de recherche. Cette convention, conclue entre un établissement et une université, permet de développer une recherche directement ancrée dans les réalités du secteur médico-social.

Une dynamique d’innovation portée par le Clos du Nid

Comme l’a rappelé Patrick Julien, ce projet de recherche s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs années par le Clos du Nid pour développer et évaluer des pratiques innovantes dans le champ du polyhandicap et du trouble du développement intellectuel.

Terreau idéal pour une telle thèse, l’association a notamment porté plusieurs projets dans le champ du polyhandicap et du TDI, mais aussi une politique de formation des professionnels à la méthode Montessori dans plusieurs établissements, ainsi que des travaux d’évaluation menés au sein des MAS et du pôle enfance autour des capacités cognitives des résidents. Cette dynamique traduit une volonté constante de faire évoluer les pratiques professionnelles, de questionner les représentations et de s’appuyer sur les données scientifiques pour améliorer l’accompagnement proposé.

Des outils concrets au bénéfice des professionnels et des personnes accompagnées

Attendue pour débuter en janvier 2027, la thèse de Zoé Faucon prendra notamment appui sur les principes de la méthode Montessori. Son ambition n’est pas d’en mesurer directement l’efficacité, mais de répondre à un manque encore important de connaissances scientifiques concernant la réhabilitation cognitive des personnes présentant un trouble du développement intellectuel, avec ou sans polyhandicap.

À terme, ces travaux visent à concevoir des outils, supports de formation et recommandations permettant d’identifier, de mobiliser et d’évaluer les capacités préservées des personnes accompagnées. Des ressources qui pourront être directement utilisées par les professionnels des établissements du Clos du Nid pour soutenir leur montée en compétences en enrichissant leurs pratiques de terrain afin de renforcer l’autodétermination des personnes qu’ils accompagnent.

À travers ce projet, le Clos du Nid confirme son engagement en faveur d’une recherche appliquée, au service de l’innovation, de l’amélioration continue des pratiques et, avant tout, de la qualité de vie des personnes accompagnées.

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